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Tableau de flux de trésorerie : méthode et exemple chiffré

Publié le 3 septembre 2026 · 7 min de lecture

Le tableau de flux en une phrase

Le tableau de flux de trésorerie décompose la variation de votre solde bancaire sur une période en trois familles : ce que l'activité a produit ou consommé, ce que vous avez investi, ce que vous avez emprunté ou remboursé. Il répond à une question que ni le compte de résultat ni le bilan ne traitent frontalement : où est passé l'argent ?

C'est le document qui explique l'écart, si fréquent, entre un exercice rentable sur le papier et un compte bancaire qui n'a pas bougé.

Tableau de flux ou plan de trésorerie ?

Les deux documents sont souvent confondus. Ils regardent dans des directions opposées.

Tableau de flux de trésorerie Plan de trésorerie
Horizon Le passé : mois ou exercice écoulé Les 12 prochains mois
Matière première Vos écritures comptables ou vos relevés Vos hypothèses de vente et de charges
Question posée Pourquoi le solde a bougé Est-ce que je vais tenir
Destinataire type Banquier, investisseur, associés Vous, tous les mois

Les deux se complètent : le tableau de flux fournit les ordres de grandeur réels qui rendent le plan de trésorerie crédible.

Les trois sections

Flux d'exploitation. Tout ce que génère ou consomme l'activité courante : encaissements clients, paiements fournisseurs, salaires et charges sociales, impôts et taxes. C'est la section la plus importante. Une entreprise saine dégage un flux d'exploitation positif de façon durable.

Flux d'investissement. Les achats et cessions d'immobilisations : matériel, véhicules, travaux, acquisition d'un fonds ou d'une société. Négatif dans une entreprise qui se développe, ce qui est normal.

Flux de financement. Les emprunts encaissés, les remboursements de capital, les apports des associés, les dividendes versés.

La somme des trois est égale à la variation de votre solde bancaire sur la période. Si ce n'est pas le cas, votre tableau est faux : c'est le contrôle de cohérence à faire systématiquement.

Un exemple chiffré

Une entreprise de services, sur un exercice complet.

Section Ligne Montant
Solde bancaire au 1er janvier 40 000 €
Exploitation Encaissements clients +480 000 €
Exploitation Paiements fournisseurs -180 000 €
Exploitation Salaires et charges sociales -210 000 €
Exploitation Impôts et taxes -25 000 €
Flux d'exploitation +65 000 €
Investissement Achat de matériel -30 000 €
Flux d'investissement -30 000 €
Financement Nouvel emprunt +50 000 €
Financement Remboursements de capital -18 000 €
Flux de financement +32 000 €
Variation de trésorerie +67 000 €
Solde bancaire au 31 décembre 107 000 €

La lecture est immédiate : l'activité a dégagé 65 000 €, l'investissement en a consommé 30 000, et l'emprunt a financé le reste. Sans cet emprunt, l'entreprise aurait tout de même progressé de 35 000 €. C'est une entreprise qui tient debout sur son exploitation.

Changez un seul chiffre et le diagnostic bascule. Avec un flux d'exploitation de -20 000 € et un emprunt de 90 000 €, le solde final serait identique, mais l'entreprise vivrait de sa dette.

Méthode directe ou indirecte ?

La méthode directe part des encaissements et décaissements réels, ceux que vous voyez sur vos relevés bancaires. Elle est lisible par n'importe quel dirigeant et se construit sans retraitement comptable.

La méthode indirecte part du résultat net, neutralise les charges non décaissées (amortissements, provisions) et corrige des variations du besoin en fonds de roulement. C'est la présentation attendue dans les états financiers normés.

Votre besoin Méthode
Piloter mois par mois, en interne Directe
Dossier bancaire, levée de fonds, reporting normé Indirecte
Comprendre pourquoi un exercice rentable n'a pas produit de trésorerie Indirecte, elle isole le BFR

Rien n'interdit de tenir les deux : la directe pour vous, l'indirecte pour vos interlocuteurs financiers.

Comment le produire chaque mois sans y passer le week-end

La difficulté n'est jamais le calcul, qui tient en trois additions. Elle est dans la catégorisation stable des flux d'un mois sur l'autre : si un virement fournisseur atterrit en exploitation en janvier et en investissement en février, votre tableau ne veut plus rien dire et vous ne pourrez comparer aucune période.

Trois façons de s'y prendre, par ordre de robustesse croissante.

  1. À la main, depuis vos relevés. Viable avec un compte et peu de lignes. Le modèle de prévisionnel financier gratuit donne une base de travail cohérente avec cette logique de flux.
  2. Depuis votre FEC. Le fichier des écritures comptables contient tout ; il faut une table de correspondance entre les comptes du plan comptable et vos trois sections, à écrire une fois puis à réutiliser.
  3. Avec un logiciel de trésorerie qui synchronise vos banques et applique des règles de catégorisation automatiques. Le tableau se met à jour tout seul, et les écarts se voient dans le mois plutôt qu'au bilan suivant. Notre sélection est dans la catégorie Pilotage financier.

Les trois lectures qui comptent

Un flux d'exploitation négatif alors que le résultat est positif signale presque toujours un BFR qui se creuse : vos clients paient plus tard que vos fournisseurs. Un flux d'exploitation positif uniquement grâce à des délais fournisseurs allongés est un répit, pas une performance. Et un financement qui compense chaque année une exploitation déficitaire mérite une décision, pas un tableau de plus.

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